Salut Y,
Désolé de ne pas avoir dit au revoir toute à l'heure. Je t'écris parce que je ne sais pas si tu as entendu / vu mon départ brusque de l'é. après le S. sans dire au revoir à personne suite à des remarques de C. à mon sujet. Je suis revenue plus tard pour m'excuser et faire les adieux comme il se doit, mais t'étais déjà parti.
J'ai pas été très cool pour vous présenter H., je sais que j'ai paru très froide et j'espère ne pas vous avoir mis mal à l'aise. Il s'avère que mon problème numéro 1 depuis bien trop longtemps, c'est mes relations avec les gars... J'ai sûrement encore beaucoup à apprendre par rapport à ça, mais ma tendance à constamment me culpabiliser intérieurement ne m'aide pas. Je lui avais parlé du S. avant que la situation deviennent problématique donc voilà, il est quand-même venu car cette église lui plaît je crois.
Tu sais, la p. sur le pardon que t'as appréciée m'a fait aussi beaucoup réfléchir à un sujet qui me touche tout particulièrement. Le vrai pardon pour moi n'est pas quelque chose de défini dans le temps, c'est une décision importante, nécessaire et même carrément indispensable à renouveler chaque jour, et qui peut demander de gros efforts, même avec l'aide de Dieu. Quand je pense au pardon, je pense bien sûr aux relations, et tout d'abord avec les frères et soeurs chrétiens. Et je me souviens entre autre de ce long travail d'acceptation qu'il m'a fallût faire par rapport à l'Y. du passé. Je ne veux pas dire que tu étais quelqu'un de désagréable à la base ou quoi, enfin je pense que tu vois très bien de quoi je parle. Ce n'est pas forcément directement vis-à-vis de toi, mais plutôt par rapport au sentiment de "blessure" que je ressentais et qui me venait de toi.
J'aimerais sincèrement te remercier. Je pense que ça a aussi dû te coûter quelques efforts pour changer ton attitude avec moi suite à notre discussion avec D., mais tu ne peux pas imaginer à quel point ça a été bénéfique pour moi. Il arrive parfois qu'une certaine rancune pour les "années perdues dans un coeur brisé" de mon adolescence refassent surface.(...) Seulement après y avoir réfléchi, j'ai compris que rien ne servait de se rebeller contre le passé, comme m'avait dit un jour J., "Le passé reste le passé.", c'est finalement très vrai, et d'ailleurs aujourd'hui tu as compris la nécessité de changer certaines attitudes et j'en suis vraiment reconnaissante. Après plus de 4 ans à t'aimer follement dans le vide sous tous tes traits, j'ai enfin vu mes sentiments diminuer progressivement, même s'il restera toujours une certaine tendresse et une profonde admiration.
Je voulais aussi te dire que je suis fière de voir ce que tu deviens. A l'annonce de tes fiançailles avec J. le soir de la répétition, c'était un petit "félicitations" sorti d'une gorge toute coincée, je ne sais même pas s'il était audible... mais aujourd'hui j'ai envie de vous adresser mes sincères félicitations. Je suis heureuse pour vous! J'apprécie beaucoup J. d'ailleurs. Te voir heureux est tout ce qui compte. Tu mérites vraiment tout le meilleur pour la suite, et c'est ce que je te souhaite (vie avec Dieu, mariage, réussite en sport et études, santé, enfants, joie, bonheur, rêves accomplis!). Je suis confiante!
P.s.
Juste une petite remarque pour éviter tout malentendu! Je viens de relire à tête reposée pour vérifier que je n'avais pas dit de bêtise dans le mail que j'ai vite écrit hier. Dans l'avant dernier paragraphe, quand je dis que j'ai appris des détails qui ont récemment "réveillé de vieux sentiments", je ne parle pas de sentiments amoureux, mais plutôt de vieilles "colères". Bon sinon j'espère que j'ai été assez compréhensible pour que tu lises les choses dans le bon sens...